Adoptée le 26 mars 2019, la directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique ouvre la voie à une juste rémunération des artistes interprètes
Avec ses partenaires de la coalition Fair Internet, la FIM a œuvré durant quatre ans à promouvoir les intérêts des artistes interprètes auprès du Parlement européen, de la Commission et du Conseil. Son objectif prioritaire était de garantir à tous les artistes interprètes une juste part des revenus générés par l’exploitation en ligne de leurs enregistrements, y compris après la cession de leurs droits exclusifs.
Les dispositions clés
Les dispositions concernant les artistes interprètes ont été obtenues au prix d’un intense travail de plaidoyer mené dans un environnement hostile. En l’état, elles constituent déjà un véritable progrès :
– L’article 18 établit le droit des artistes interprètes à une rémunération « appropriée et proportionnelle » ;
– Ce droit à une rémunération proportionnelle est renforcé par le considérant 73 qui indique que le recours à des montants forfaitaires « ne devrait pas être la règle » ;
– Le même considérant suggère que la rémunération proportionnelle peut être mise en œuvre par la voie de « négociation collective et d’autres mécanismes », ce qui est compatible avec les dispositifs déjà en place dans certains états membres, qu’il s’agisse de mécanismes obtenus par la voie d’accords collectifs ou reposant sur la gestion collective obligatoire ;
– À ces dispositions fondamentales s’ajoutent des obligations nouvelles en matière de transparence et un droit à l’adaptation des contrats inéquitables (articles 19 à 21) ;
– Enfin, l’article 22 confère à l’artiste le droit de révoquer la cession de ses droits lorsqu’un enregistrement n’est pas exploité.
La transposition : une étape critique
Ces avancées constituent un premier pas important. Toutefois, leur véritable impact ne pourra être mesuré qu’à l’issue de leur transposition en droit national. À nous, musiciens et syndicats, de nous mobiliser pour qu’elles déploient tout leur potentiel.

